
Les organes sensoriels nous indiquent ce que nous aimons ou non. La perception sensorielle désigne le processus par lequel le système nerveux détecte, organise et interprète les informations de l’environnement via nos organes sensoriels. L’insula, le cerveau le plus ancien, contribue à des fonctions très variées et module notamment l’information émotionnelle et sensorielle (douleur, conscience de soi, dépendance, etc.).
Le jugement esthétique concerne des régions très anciennes. Manger du chocolat que l’on aime, écouter de la musique que l’on apprécie ou regarder une œuvre que l’on trouve belle, c’est activer le même système de récompense.
Les étapes de la reconnaissance de la beauté sont composées de récompense et d’émotion, de sensation et de perception, de culture et d’expériences.
Si vous aimez quelque chose, si vous le trouvez beau, cette expérience modifiera votre cerveau et vous apprendrez quelque chose.
Nous activons des neurones miroirs lorsque nous regardons une œuvre, et si vous observez le tableau de Caravage ci-dessus, vous ressentirez peut-être du dégoût ou de la peur. Et ceci est dû au fait que nous activons des neurones miroirs qui nous conduisent à avoir ce genre d’impression.
Selon Oshin Vartanian, psychologue expérimental à l’université du Maine aux États-Unis, 85 % du jugement provient de l’expérience personnelle du spectateur, ce qui explique pourquoi celui-ci cherche à connaître l’intention de l’artiste. Quand on dit aux personnes qu’une œuvre est réalisée par un artiste, ils l’aiment davantage. En revanche, quand on leur dit qu’une œuvre est réalisée par une IA, ils l’aiment moins. Et cela, même s’ils regardent la même chose.
Le faux et le vrai changent l’appréciation, et c’est le même phénomène pour à peu près tout : quand on regarde un vrai feu de cheminée ou une copie. Quand on regarde la copie d’un tableau ou un original, etc.
De nombreux neuroscientifiques s’entendent sur ce point : le faux dévalue l’appréciation, tandis que le vrai la change.
Si l’IA vole des œuvres sur Internet pour en créer un patchwork qui réfute la singularité, la qualité propre à l’individu, pour reprendre les mots de Gaston Bachelard, ainsi que la créativité et l’originalité, elle ne peut pas se substituer à l’artiste, car nos neurones miroirs sont essentiels au jugement esthétique.