Abstraction
Résumé
Cet article examine les mécanismes neurobiologiques que mobilisent les œuvres de l’artiste Guillaume Bottazzi, à la lumière des connaissances actuelles en neuroesthétique. En croisant les données de la psychologie expérimentale (Leder & Nadal, 2016/2026 ; Bar & Neta, 2006, 2007 ; Vartanian et al., 2013), des neurosciences cognitives (Ramachandran & Hirstein, 1999 ; Kandel, 2012 ; Zeki, 1999), de la neurobiologie des émotions (Salamone et al., 2005 ; Salgado-Pineda et al., 2005 ; Martin-Du Pan, 2012) et des études récentes sur les effets de l’art dans l’espace public (Mikuni, Leder et al., 2024), nous montrons que les choix formels et techniques de l’artiste — courbure, évanescence, glacis, mouvement implicite, abstraction — constituent un programme cohérent d’activation de systèmes neuronaux liés au plaisir, à la régulation émotionnelle, au lien social et à la cognition. Ces effets sont interprétés comme les fondements d’une pratique artistique à visée de santé collective, ancrée dans la tradition des beaux-arts et orientée vers l’ère anthropocène.

1. Introduction : de l’intuition artistique à la stratégie neuroesthétique
L’histoire de l’art est traversée par une tension ancienne entre la beauté comme fin en soi et l’art comme instrument d’un effet sur le regardeur. Ce n’est qu’à la fin du XXe siècle que les neurosciences ont commencé à fournir le vocabulaire biologique permettant de décrire précisément ce que la beauté fait au cerveau. Le neurobiologiste Semir Zeki, fondateur de la neuroesthétique en 1999, a montré que la reconnaissance de la beauté active le cortex orbitofrontal médian, une région associée à la récompense, et qu’elle partage des substrats neurologiques avec le sentiment amoureux et le désir — notamment via le noyau caudé (Zeki, 1999, Inner Vision). Vilayanur Ramachandran et William Hirstein ont, la même année, proposé une théorie neurologique de l’expérience esthétique articulée autour de huit lois, dont celle du « pic de décalage » (peak shift effect) : le cerveau répond plus fortement aux versions amplifiées ou sublimées d’un stimulus naturel qu’au stimulus lui-même (Journal of Consciousness Studies, 1999).
C’est dans ce cadre intellectuel que s’inscrit la démarche de l’artiste Guillaume Bottazzi. Peintre français né en 1971, auteur de plus de 180 œuvres monumentales in situ, il est l’un des rares praticiens à avoir systématiquement intégré dans ses choix formels et techniques les connaissances disponibles sur les effets de l’art sur le cerveau humain. Sans prétendre au statut de chercheur, il fonctionne comme un expérimentateur qui teste, à l’échelle architecturale et dans des contextes de vie réels, les hypothèses que la neuroesthétique formule en laboratoire. L’essai que lui ont consacré Helmut Leder et Marcos Nadal, deux des chercheurs les plus cités au monde dans le domaine de l’esthétique expérimentale, dans un catalogue publié par l’université de Vienne (2017, actualisé en 2026), confirme l’intérêt scientifique de cette approche : les auteurs y montrent comment les caractéristiques visuelles fondamentales des œuvres de Bottazzi s’articulent à des mécanismes bien documentés de la perception humaine.
Le présent article se propose d’identifier et d’analyser les principales stratégies neuroesthétiques à l’œuvre dans la production de Bottazzi, en s’appuyant sur les références scientifiques que l’artiste lui-même mobilise dans son projet, et en restituant la logique neurobiologique qui relie chaque choix formel à un effet observé.
2. La courbure :
désarmer le cerveau par la forme
Le point de départ de l’analyse de Leder et Nadal est l’omniprésence de la courbure dans l’œuvre de Bottazzi. Cette observation n’est pas anodine : la préférence humaine pour les contours courbes est l’un des résultats les plus robustes et les plus répliqués de la psychologie expérimentale. Dans deux études fondatrices publiées dans Psychological Science (2006) et Neuropsychologia (2007), Moshe Bar et Maital Neta ont montré que les objets aux contours courbes sont significativement préférés aux objets anguleux, et que cette préférence est associée à une activité moindre dans l’amygdale — la structure cérébrale qui joue un rôle central dans le traitement de la peur et des menaces. Les angles vifs signalent biologiquement le danger ; les courbes, l’absence de danger.
Cette conclusion a été étendue à l’architecture. Dans une étude d’imagerie cérébrale publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (2013), une équipe internationale incluant Leder et Nadal a soumis des participants à des images d’espaces intérieurs modernes, variant systématiquement la courbure des lignes architecturales. L’IRM fonctionnelle a montré que les intérieurs curvilignes activent davantage le cortex cingulaire antérieur — une région associée à l’importance émotionnelle des objets et à leur caractère gratifiant — et que les jugements de beauté des participants étaient principalement motivés par le plaisir (Vartanian et al., 2013).
Bottazzi exploite ce mécanisme à grande échelle. Ses fresques murales, souvent monumentales, transforment des surfaces architecturales rectilignes — les façades de béton, les murs de verre, les cloisons de bureaux ou de halls hospitaliers — en espaces organiques gouvernés par des lignes souples. Le cortex cingulaire antérieur est sollicité ; l’amygdale est apaisée. L’effet se produit automatiquement, probablement sans que le regardeur en ait conscience — comme le notent Leder et Nadal en observant que ces caractéristiques « suscitent automatiquement, probablement inconsciemment, un plaisir ».
3. Les formes évanescentes :
forcer l’activité cognitive, moduler de nouveaux neurones
Une deuxième stratégie caractéristique de Bottazzi est la technique des contours évanescents : ses figures et ses aplats ne se terminent pas sur des bords nets, mais se dissolvent progressivement dans le support, par une succession de dégradés qui disparaissent avec délicatesse. Cette pratique est directement informée par les travaux d’Eric Kandel sur les peintures de Mark Rothko.
Dans son ouvrage Reductionism in Art and Brain Science (2012), Kandel note que les bords volontairement indéfinis des formes de Rothko forcent l’activité cognitive du regardeur : face à un contour flou, le cerveau ne peut pas s’appuyer sur les informations de bas niveau de la rétine pour compléter automatiquement la forme — il doit activer des processus top-down, mobiliser ses propres représentations, remplir lui-même les lacunes. Ce travail cognitif soutenu est associé à une réorganisation synaptique : le cerveau qui s’engage activement avec une œuvre module de nouveaux neurones, crée de nouvelles connexions. Kandel parle à ce sujet de la capacité de l’art à participer à la neuroplasticité.
Bottazzi a intégré ce principe dans sa pratique de manière délibérée. Ses formes évanescentes ne sont pas des effets décoratifs mais des dispositifs d’activation cognitive : elles obligent le regardeur à participer à la construction de l’œuvre, transformant la contemplation passive en engagement actif. L’art qui laisse des zones incomplètes est un art qui recrute le cerveau au lieu de le saturer.
4. Les glacis et l’effet de super-stimulation :
la dopamine et le striatum ventral
La technique picturale des glacis — couches translucides de peinture superposées créant une profondeur, une luminosité et une subtilité de texture impossible à observer dans la nature — active un troisième mécanisme neurobiologique, que Ramachandran et Hirstein ont théorisé sous le nom d’effet de super-stimulation (peak shift).
Dans leur article fondateur de 1999, les deux chercheurs proposent que l’art agit comme un « stimulus supranormal » : de même qu’un rat entraîné à distinguer un rectangle d’un carré répondra avec une intensité croissante à des rectangles de plus en plus allongés (bien au-delà du prototype récompensé), le cerveau humain répond de façon amplifiée à des stimuli visuels qui exagèrent ou subliment les propriétés de la réalité perçue. La peinture figurative idéalisée, le modelé de Raphaël, les profondeurs irréelles des paysages hollandais — tous obéissent à ce principe. Une lumière qui n’existe pas dans la nature, une profondeur plus intense que toute profondeur réelle, active les aires visuelles plus puissamment qu’un stimulus ordinaire.
Ce « saut » dans le traitement visuel déclenche une réponse dopaminergique dans le striatum ventral (le centre de la motivation et de l’anticipation de la récompense). La dopamine n’est pas seulement la molécule du plaisir : comme l’ont montré Salamone et al. dans Nature Reviews Neuroscience, elle est le « démarreur » de l’action, ce qui nous permet de surmonter les obstacles et de nous engager dans le monde. Salgado-Pineda et al. (National Library of Medicine) ont documenté son rôle dans la régulation de la perception émotionnelle. Des travaux menés au CNRS par Naudé, Faure et Delord ont montré son importance dans l’apprentissage et la mémorisation — la dopamine aide le cerveau à sélectionner et à fixer les événements qui méritent d’être retenus.
Les glacis de Bottazzi, en produisant une luminosité et une profondeur qui n’existent nulle part dans la nature, déclenchent précisément cette réponse. Ce n’est pas un effet de surface : c’est une activation du système dopaminergique par une technique picturale vieille de cinq siècles, redéployée à la lumière des neurosciences contemporaines.
5. Le mouvement implicite :
mobiliser V5/MT+ et amplifier l’appréciation esthétique
Les œuvres de Bottazzi ne bougent pas, mais elles évoquent le mouvement : les formes semblent couler, se déplacer, s’enrouler sur elles-mêmes. Cette caractéristique engage un mécanisme neurologique bien documenté. L’aire visuelle V5/MT+ (region moyentemporale) est spécifiquement dédiée au traitement du mouvement dans le champ visuel. Des travaux en neuroimagerie ont établi que des images statiques évoquant fortement le mouvement activent cette région même en l’absence de tout déplacement physique — ce qu’on appelle le mouvement implicite.
L’étude de Massaro et al. (PLoS ONE, 2012) a montré, par eye-tracking, que les œuvres à fort contenu dynamique — celles dont les représentations figuratives évoquent l’instabilité ou la transition — sont préférées aux œuvres statiques par des observateurs non spécialistes, et suscitent une exploration visuelle plus intense et plus prolongée. Cette activation de la région V5/MT+ par le mouvement implicite s’accompagne d’une augmentation du score d’appréciation esthétique : l’œil cherche à « compléter » le mouvement amorcé, ce qui génère une engagement soutenu avec l’œuvre.
Cette dynamique interne des tableaux de Bottazzi n’est donc pas seulement une qualité stylistique — c’est une stratégie d’activation motrice par voie visuelle, qui maintient l’attention et intensifie l’expérience esthétique.
6. L’abstraction :
engagement prolongé et réseau du mode par défaut
Pourquoi peindre abstraitement, dans une démarche orientée vers le bien-être ? Le professeur Anjan Chatterjee, de l’université de Pennsylvanie (Explained: Art, Beauty & the Brain), apporte une réponse contre-intuitive : l’art abstrait est plus efficace pour un séjour prolongé. L’image figurative — un paysage agréable, un portrait reconnaissable — fournit des informations immédiatement accessibles ; le cerveau les traite rapidement et passe à autre chose. L’abstraction, elle, ne se laisse pas résoudre facilement : elle invite à une relation durable, un dialogue qui dure dans le temps et qui varie selon les jours et les humeurs du regardeur.
Cette observation trouve un ancrage neurologique dans les travaux d’Eric Kandel, de Celia Durkin et de leurs collègues (Durkin, Hartnett, Shohamy & Kandel, juin 2020). Leur étude sur la réaction des spectateurs face à l’art abstrait et figuratif, à travers le prisme de la théorie du niveau d’interprétation, montre que l’art abstrait active davantage le réseau du mode par défaut — un ensemble de régions cérébrales qui s’allument lorsque nous ne sommes pas focalisés sur une tâche externe, mais engagés dans la mémoire autobiographique, l’imaginaire, l’introspection et la projection dans l’avenir. Ce mode cognitif est associé à une pensée créatrice, à une capacité accrue de recul sur sa propre expérience, et à un certain apaisement mental.
En choisissant l’abstraction, Bottazzi ouvre un espace mental que les images représentatives ne peuvent pas ouvrir : ses œuvres sollicitent l’imagination autant que les yeux, elles permettent à chaque regardeur de projeter son propre monde intérieur dans les formes et les couleurs proposées.
7. La beauté et le noyau caudé :
vers une neuroesthétique de la paix sociale
Zeki a montré que la reconnaissance de la beauté visuelle active non seulement le cortex orbitofrontal — lié à la récompense —, mais aussi le noyau caudé, une structure sous-corticale impliquée dans le circuit de la récompense et de la motivation, et qui est également activée par le sentiment amoureux et le désir (Inner Vision, 1999). Cette convergence entre le beau, l’amour et le désir sur un substrat neurologique commun n’est pas une métaphore : c’est un fait anatomique. Les dispositions émotionnelles induites par ces trois états partagent une biologie commune — ouverture à l’autre, diminution des défenses, orientation vers l’affiliation plutôt que la confrontation.
Cette observation a des implications qui dépassent l’individu. Si une œuvre d’art jugée belle met ses regardeurs dans des dispositions similaires à celles de l’amour, elle crée — dans les espaces partagés où elle est installée — une prédisposition collective à la bienveillance et au lien. C’est à ce niveau que la dimension sociale de l’art de Bottazzi prend tout son sens : ses œuvres in situ, dans des halls d’immeubles, des espaces de soins, des places publiques, opèrent sur des individus qui ne se connaissent pas, dans des espaces où la cohabitation peut être source de tension.
8. L’ocytocine et la réduction des tensions sociales
Susan Magsamen et Ivy Ross, dans Your Brain on Art (2023), soulignent que l’art peut fonctionner comme catalyseur de l’empathie et produire de l’ocytocine — la neuropeptide souvent appelée « hormone de l’attachement ». L’ocytocine joue un rôle documenté dans la confiance inter-individuelle, la réduction de la phobie sociale et de l’anxiété généralisée, et la reconnaissance des visages et des signaux sociaux (Rémy C. Martin-Du Pan, Revue Médicale Suisse). Des travaux de la National Library of Medicine (Gordon, Zagoory-Sharon, Leckman & Feldman) ont précisé son rôle dans les comportements d’attachement humains, y compris au-delà de la sphère maternelle. Elle est considérée comme une hormone « antistress », dont les taux évoluent de façon inverse au cortisol et à la vasopressine — deux marqueurs biologiques du stress et de la dépression.
Un art collectivement perçu comme beau, dans un espace partagé, peut activer cette cascade neurochimique à l’échelle d’un groupe : il crée un objet d’attention commune, une expérience partagée susceptible de déclencher les réponses de lien social associées à l’ocytocine. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’OMS, dans son rapport de 2019 sur le rôle des arts dans la santé publique (Fancourt & Finn), constate que les interventions artistiques dans les espaces de soins présentent un rapport coût-efficacité favorable par rapport à certaines interventions pharmacologiques — notamment parce qu’elles agissent simultanément sur les dimensions sociales, comportementales et biologiques du bien-être.
9. Les neurones miroirs et la lutte contre la solitude
L’activation des neurones miroirs par l’art est un phénomène documenté par les neurosciences. Ces neurones, découverts par Giacomo Rizzolatti et son équipe à Parme dans les années 1990, s’activent non seulement quand on effectue une action, mais aussi quand on observe quelqu’un d’autre l’effectuer. Par analogie, contempler une œuvre d’art — notamment une œuvre qui évoque la présence, le geste, ou le mouvement d’un autre être — peut déclencher une simulation intérieure de cette présence.
Le neurologue Pierre Lemarquis, dans son ouvrage L’Art qui guérit (2020), soutient que nous ne regardons pas une œuvre d’art comme un décor, mais comme une personne que l’on rencontre : l’œuvre active des neurones miroirs qui atténuent le sentiment de solitude et d’isolement. Cette observation prend une dimension particulière dans le contexte des espaces hospitaliers ou des résidences pour personnes âgées, où l’isolement social est un facteur de morbidité reconnu. Une œuvre permanente, dans un couloir de soins ou un hall d’immeuble, peut exercer une présence que les occupants finissent par identifier comme familière — avec les effets neurobiologiques que cette familiarité entraîne.
10. L’art in situ comme humanisation de l’espace
La dernière stratégie est peut-être la plus cohérente avec l’ensemble du dispositif : Bottazzi ne crée pas de tableaux destinés à être exposés en galerie, mais des œuvres permanentes conçues pour un lieu précis, intégrées à son architecture, à ses proportions, à sa lumière. Cette spécificité du site (in situ) n’est pas un choix esthétique accessoire — c’est une décision neuroesthétique.
Notre perception est globale : nous ne voyons pas séparément une peinture et un mur, un espace et son contenu visuel. Le lieu et l’œuvre se construisent mutuellement dans notre expérience. Une œuvre de Bottazzi ne décore pas un hall — elle le redéfinit, elle le transforme en espace signifiant et habitable. Les personnes qui passent quotidiennement devant cette œuvre l’intègrent progressivement dans leur représentation de l’espace ; l’œuvre devient une référence affective, un repère identitaire, une présence qui humanise un lieu qui pourrait n’être qu’une surface fonctionnelle. L’étude de Mikuni, Leder et al. (2024, Wellbeing, Space and Society) a mesuré précisément cet effet dans les rues de Vienne : des passants exposés à des interventions artistiques urbaines rapportent une réduction significative de leur sentiment subjectif d’anxiété et de stress, et évaluent plus favorablement leur environnement immédiat.
11. Conclusion :
un programme cohérent, des effets biologiquement plausibles
Les stratégies formelles et techniques de Guillaume Bottazzi forment un programme cohérent, articulé autour d’une question centrale : que doit faire une œuvre d’art pour agir positivement sur le cerveau de ceux qui la côtoient ? Les éléments de réponse que nous avons identifiés — courbure apaisante, formes évanescentes, glacis supranormaux, mouvement implicite, abstraction engageante, beauté génératrice de dopamine et d’ocytocine, présence qui active les neurones miroirs, intégration dans l’espace de vie — constituent autant de mécanismes dont les fondements neurobiologiques sont documentés dans la littérature scientifique existante.
Il importe de souligner ce que cet article ne dit pas : il ne dit pas que les effets identifiés ont été mesurés expérimentalement sur les œuvres de Bottazzi elles-mêmes. La neuroesthétique appliquée, telle que Bottazzi la pratique, fonctionne par transposition : elle applique des connaissances générales sur le fonctionnement du cerveau à des choix artistiques particuliers, en formulant l’hypothèse raisonnée que ces choix déclenchent les mécanismes documentés. C’est exactement ce que font Leder et Nadal dans leur essai : ils formulent une hypothèse, au conditionnel, que la psychologie permet de soutenir.
Ce programme constitue néanmoins un changement de paradigme dans la conception de l’art contemporain. Là où une partie de la production artistique du XXe siècle s’est définie par la rupture, le dérangement ou la mise en crise du regard, la démarche de Bottazzi renoue avec une conception plus ancienne et plus universelle : le beau comme bien commun, l’art comme soin, l’expérience esthétique comme ressource biologique. C’est, pour reprendre le cadre proposé dans cet article, le propre d’une pratique artistique qui prend acte du monde anthropocène — non pour le déplorer, mais pour y contribuer positivement.
Références
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Dominique E.M